Les océans proches de l'Australie pourraient être les sites les plus propices à la fertilisation pour éliminer le dioxyde de carbone
par l'Université de Californie
Édité par Lisa Lock, révisé par Robert Egan
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Crédit : Unsplash/CC0 Domaine public
Le déploiement de la fertilisation océanique en fer — une stratégie de capture du dioxyde de carbone — à des latitudes plus élevées plutôt qu'à proximité de l'équateur pourrait réduire les impacts environnementaux tout en permettant d'éliminer du dioxyde de carbone de l'atmosphère, selon une étude de modélisation publiée dans *Nature*. Ces résultats offrent un éclairage sur les meilleures pratiques pour maximiser l'élimination du dioxyde de carbone tout en réduisant les compromis écologiques potentiels généralement associés à la fertilisation en fer.
Les émissions actuelles de carbone devraient dépasser la limite de 2 °C au-dessus des niveaux préindustriels fixée par l'Accord de Paris sur le climat. La fertilisation océanique en fer — qui consiste à ajouter du fer aux eaux de surface pour stimuler la croissance du phytoplancton et ainsi éliminer le dioxyde de carbone — constitue une solution potentielle. Toutefois, les impacts écologiques de cette stratégie, tels que le déclenchement de proliférations algales incontrôlées et l'épuisement des nutriments dans l'eau, en ont limité l'usage.
Jun Yu, Adam Martiny et leurs collègues ont utilisé un modèle de fertilisation océanique en fer pour évaluer les bénéfices climatiques et les compromis écologiques de cette approche. En analysant plus de six décennies de données sur la fertilisation, ils ont constaté que l'élimination nette de dioxyde de carbone atteignait 5,3 parties par million, ce qui correspond à un taux d'élimination de 0,70 gigatonne de dioxyde de carbone par an.
Par ailleurs, Yu et ses collègues ont découvert que les zones les plus productives — c'est-à-dire celles connaissant les proliférations de plancton les plus importantes — après la fertilisation en fer étaient l'océan Austral et le Pacifique équatorial. Un enjeu écologique majeur de cette stratégie réside dans l'épuisement des macronutriments de la colonne d'eau, en particulier dans les zones proches du Pacifique tropical ; cet épuisement peut se propager le long de la chaîne alimentaire et entraîner une diminution de la biomasse du macrozooplancton.
Résilience de l'écosystème et du CO2 atmosphérique après l'arrêt de la fertilisation en fer. Crédit : Nature (2026). DOI : 10.1038/s41586-026-10795-y
Cependant, les auteurs ont déterminé que ces perturbations présentaient moins de risques lorsque la fertilisation était effectuée à des latitudes plus élevées. Plus précisément, ils notent que la fertilisation de 0,35 % de l'océan dans le Pacifique équatorial entraîne une diminution d'au moins 10 % de la biomasse de macrozooplancton, tandis que la fertilisation de 0,2 % de l'océan Austral a conduit à une augmentation de 10 % de cette même biomasse.
Les auteurs suggèrent que la fertilisation de l'océan Austral offre le meilleur équilibre entre perturbation écologique et élimination du dioxyde de carbone atmosphérique. Ils avertissent toutefois que la fertilisation des océans en fer a des répercussions en aval et que toute intervention localisée aura inévitablement des effets à distance.
Détails de la publication
Jun Yu et al., « Climate benefit and ecological cost trade-offs for ocean iron fertilization », Nature (2026). DOI : 10.1038/s41586-026-10795-y
Informations sur la revue : Nature
Concepts clés
efflorescences algales, flux de carbone, phytoplancton, cycle du carbone
Source : Université de Californie
Qui est à l'origine de cet article ?
Lisa Lock
Licence en histoire de l'art, master en culture matérielle. Ancienne rédactrice pour des musées, ambulancière et coordinatrice de transplantations. Rédactrice pour Science X depuis 2021. Profil complet →
Robert Egan
Licence en biologie mathématique, master en création littéraire. Grand voyageur, il porte un regard unique sur la science et le langage. Profil complet →
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RESUME
Les océans bordant l'Australie pourraient constituer les sites optimaux pour la fertilisation visant à éliminer le dioxyde de carbone
Des modèles indiquent que la fertilisation des océans en fer pourrait permettre d'éliminer environ 0,70 Gt de CO₂ par an (soit une réduction allant jusqu'à 5,3 ppm), tout en entraînant des impacts écologiques variables selon les régions. La fertilisation dans le Pacifique équatorial épuise les macronutriments et réduit la biomasse du macrozooplancton ; à l'inverse, cibler des latitudes plus élevées — en particulier l'océan Austral — permet de maintenir ou d'accroître les populations de macrozooplancton tout en assurant une élimination substantielle du CO₂.
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COMMENTAIRES
JE ne suis pas specialiste de biologie marine et l isse donc aux lecteurs le soin de juger de l ionteret de l article !
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