La datation au radiocarbone confirme 10 000 ans d'occupation humaine continue dans les Pyrénées
La datation au radiocarbone confirme 10 000 ans d'occupation humaine continue dans les Pyrénées
16
juin
2026
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Des chercheurs de l'UAB ont créé une base de données en libre accès contenant 124 échantillons datés au carbone 14, ce qui a permis d'établir la séquence chronologique de 380 sites situés dans le parc national d'Aigüestortes i Estany de Sant Maurici. Les preuves confirment une occupation humaine continue sur plusieurs millénaires au niveau de sites situés à plus de 2 000 mètres d'altitude.
Carte de répartition des sites archéologiques
Carte du parc national d'Aigüestortes i Estany de Sant Maurici indiquant les sites recensés et datés dans le cadre de l'étude. Crédit : GAAM-UAB.
Des chercheurs de l'Université autonome de Barcelone (UAB) ont constitué une base de données d'échantillons datés au carbone 14. Celle-ci a permis d'élaborer un cadre chronologique de l'occupation humaine tout au long de l'Holocène dans le parc national d'Aigüestortes i Estany de Sant Maurici (PNAESM), une zone de haute montagne où la recherche archéologique a recensé 380 sites. Cette nouvelle base de données, accessible à tous, comprend 124 échantillons datés provenant de 45 sites ; elle constitue « la première série systématique de datations absolues pour une zone de haute montagne des Pyrénées publiée en libre accès », souligne Ermengol Gassiot, directeur du Groupe d'archéologie de haute montagne (GAAM).
L'étude publiée conjointement avec la base de données présente et analyse les résultats obtenus. Elle inclut les rapports de laboratoire, des précisions sur les types d'échantillons datés, les contextes et les sites concernés, ainsi que le code utilisé pour les analyses afin d'en permettre la reproduction. L'étude a été publiée dans la revue *ArcheoLogica Data*. Les résultats confirment une présence humaine continue au-dessus de 2 000 mètres depuis plus de 10 000 ans et révèlent que trois des sites fouillés présentent des datations attestant d'une occupation ininterrompue sur plusieurs millénaires : le plus ancien, dont la première occupation remonte à 10 000 ans, est l'abri sous roche d'Obagues de Ratera, situé à 2 320 mètres d'altitude ; viennent ensuite la Cova del Sardo (1 780 m), avec des occupations humaines remontant à 7 500 ans, et l'abri de Portarró (2 280 m), avec des occupations datant de 7 300 ans.
L'étude souligne que l'abri d'Obagues de Ratera a été occupé durant le Mésolithique, la transition du Mésolithique au Néolithique, tout au long du Néolithique, au Chalcolithique, au Bronze ancien et moyen, au début de l'âge du Fer, au haut Moyen Âge (période wisigothique) ainsi qu'aux XIXe et XXe siècles. « Il s'agit d'une séquence temporelle exceptionnelle que très peu de sites en Catalogne possèdent, et pas seulement en haute montagne », déclare Guillem Salvador, co-auteur de la recherche. Les fouilles menées dans l'abri confirment que, peu après la dernière période glaciaire — dans un contexte de réchauffement climatique progressif où subsistaient encore de petits glaciers de cirque dans la zone —, de petits groupes de chasseurs-cueilleurs fréquentaient déjà les zones alpines du massif.
.Obagues de Ratera
L'abri sous roche d'Obagues de Ratera a été occupé en continu pendant 10 000 ans : du Mésolithique jusqu'au XXe siècle. Crédit : GAAM-UAB.
Les analyses montrent qu'il y a eu des périodes où l'activité humaine en haute montagne s'est nettement intensifiée, notamment à la fin du Néolithique (il y a 5 300 à 4 500 ans), puis plus tard, durant l'Antiquité tardive et au début de la période médiévale. Elles révèlent également les dates des premiers vestiges architecturaux, remontant à la préhistoire, comme ceux de l'abri sous roche de Portarró ; les fouilles archéologiques y ont permis de documenter des constructions à base de pierres sèches et de bois datant de 5 000 ans. Il s'agit actuellement du plus ancien exemple connu d'architecture en pierre dans les Pyrénées.
« Ces données nous permettent de suivre ces informations et mettent en évidence un fait très pertinent : les sites situés en haute montagne — des lieux qui, pour nous, seraient inaccessibles et inhospitaliers — témoignent souvent de longues périodes d'occupation humaine. De nombreux autres sites, où nous avons effectué des prélèvements à petite échelle, montrent également qu'ils ont été occupés ou habités à plusieurs reprises au fil du temps », explique Ermengol Gassiot.
Un projet couvrant plus de 20 ans de recherche
L'article rend compte de vingt années de recherches soutenues menées par Ermengol Gassiot et ses collaborateurs au sein du PNAESM. S'appuyant sur diverses procédures statistiques, il présente des éléments quantitatifs qui valident les déductions faites au fil des ans et permettent de préciser les seuils d'intensité concernant la surreprésentation ou la sous-représentation des données. Il affine également les intervalles chronologiques. « Par exemple, l'une de ces périodes correspond à l'époque d'Ötzi, l'homme des glaces du Tyrol. Ici, les données indiquent que lorsque Ötzi a traversé le glacier du Tisenjoch (et y a trouvé la mort) il y a quelque 5 300 ans, d'autres zones de haute montagne, comme le PNAESM, connaissaient une augmentation marquée de la présence humaine. »
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RESUME
La datation au radiocarbone confirme 10 000 ans d'occupation humaine continue dans les Pyrénées
Les données issues de la datation au radiocarbone de 124 échantillons provenant de 45 sites de haute montagne pyrénéenne révèlent une présence humaine ininterrompue au-dessus de 2 000 mètres d'altitude depuis plus de 10 000 ans. Des abris sous roche majeurs témoignent d'une occupation s'étalant sur plusieurs millénaires, du Mésolithique à l'époque moderne, avec des pics d'activité à la fin du Néolithique et au début du Moyen Âge. Ces preuves, qui incluent des structures en pierre vieilles de 5 000 ans, remettent en question la vision de la haute montagne comme un milieu marginal ou rarement fréquenté.
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COMMENTAIRES
Le carbone 14 n est pas seulement utilisé en datation historique mais aussi en bio synthèse de chimie et de pharmacie de recherche
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