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Les cyclones tropicaux libèrent actuellement du carbone océanique, mais le réchauffement climatique pourrait inverser ce rôle d'ici 2035
Par l'Académie chinoise des sciences
Édité par Gaby Clark, révisé par Robert Egan
Notes des éditeurs
The GIST
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Schéma illustrant la contribution des cyclones tropicaux au bilan carbone océanique pendant et après leur passage. Crédit : Ye et al., Nature Geoscience (2026)
L'océan est un important puits de carbone qui absorbe 20 à 30 % des émissions anthropiques totales de CO₂ depuis le début de l'ère industrielle (1,0 à 3,0 Pg par an, 1 Pg = 10¹⁵ g). Les cyclones tropicaux figurent parmi les phénomènes météorologiques les plus dévastateurs et perturbent profondément les couches supérieures de l'océan. Cependant, leur rôle dans le cycle global du carbone fait débat : les cyclones tropicaux entraînent-ils une absorption ou une libération nette de carbone par l'océan, et cela a-t-il une incidence ?
Une équipe internationale a synthétisé diverses observations afin de constituer un ensemble de données journalières disponibles sur le flux global de CO₂ entre l'air et la mer. Ces données ont permis de quantifier l'évolution du rôle des cyclones tropicaux dans le cycle global du carbone face au réchauffement climatique.
Voici leurs conclusions :
Les cyclones tropicaux provoquent un dégazage net de carbone océanique. Les vents violents associés à ces cyclones amplifient considérablement le transfert de CO₂ de la mer vers l'atmosphère, bien que le refroidissement de la surface de la mer qu'ils induisent contribue à l'absorption de carbone par l'océan et compense partiellement le dégazage.
Le dégazage net est en baisse. Les cyclones tropicaux représentaient environ 16 % du flux annuel global de carbone entre 1993 et 1997, mais cette proportion a chuté à seulement 4,5 % entre 2016 et 2020. Cette diminution s'explique par le fait que le réchauffement climatique accentue le gradient de température vertical dans les couches supérieures de l'océan, ce qui entraîne un refroidissement plus important de la surface de la mer après le passage des cyclones tropicaux et, par conséquent, une absorption accrue de carbone par l'océan.
La réduction des émissions de carbone est soumise à une pression croissante. Si les émissions anthropiques de dioxyde de carbone restent élevées, les cyclones tropicaux pourraient inverser leur rôle après 2035 environ, passant d'un dégazage de carbone océanique à une absorption de carbone, accélérant ainsi l'acidification des océans.
L'étude, publiée dans Nature Geoscience et menée par des chercheurs de l'Université nationale de technologie de défense, de l'Académie chinoise des sciences, du Centre national de recherche atmosphérique (NSF) et du Centre Helmholtz de recherche océanique GEOMAR de Kiel, a surmonté les limitations liées à la rareté des mesures de CO₂. Elle révèle que les cyclones tropicaux ont contribué en moyenne à hauteur de 9 % à 23 % au dégazage de carbone océanique dans les principaux bassins depuis 1993. Cependant, cette contribution a considérablement diminué ces dernières décennies, atteignant plus de la moitié de son niveau initial dans les années 2010. Si les émissions anthropiques de CO₂ se maintiennent à un niveau élevé à l'avenir, les cyclones tropicaux pourraient au contraire entraîner une absorption nette de carbone par les océans.
Le gradient vertical de température des eaux de surface, sous l'effet du réchauffement climatique, accentue la stratification comme principal facteur. Avec le réchauffement climatique, la surface de la mer se réchauffe plus vite que les eaux sous-jacentes. À intensité égale, les cyclones tropicaux, sous l'effet du vent, provoquent un refroidissement plus marqué de la surface de la mer, créant des zones de sillage froid qui peuvent persister plusieurs semaines, voire plus d'un mois, après le passage d'un cyclone tropical. Par conséquent, le déséquilibre du carbone à l'interface air-mer s'accroît et le rôle de l'absorption du carbone par l'océan est renforcé.
« Le rôle des cyclones tropicaux dans le cycle global du carbone est resté longtemps obscur, faute d'observations suffisantes pendant et après leur passage. Cette étude fournit un ensemble de données précis sur les flux de carbone air-mer à l'échelle mondiale, permettant d'explorer la contribution des cyclones tropicaux dans le contexte du réchauffement climatique », explique le professeur Zhanhong Ma, de l'Université nationale des technologies de défense et co-auteur de l'étude.
L'équipe de recherche souligne l'importance des futures mesures d'atténuation des émissions de carbone. Le rôle des cyclones tropicaux, source ou puits de carbone, dépendra de l'évolution des émissions humaines dans l'atmosphère. Si les émissions anthropiques de dioxyde de carbone restent élevées, le rôle des cyclones tropicaux pourrait s'inverser : d'une amplification du dégazage de carbone par les océans, ils pourraient devenir une augmentation de leur absorption. Les conséquences seraient d'autant plus graves que l'acidification des océans et les modifications chimiques de l'eau de mer entraîneraient une réduction de l'habitat des espèces marines.
Même si les émissions étaient maîtrisées immédiatement, la tendance à la baisse du flux de carbone lié aux cyclones ne devrait pas s'inverser avant les années 2040 environ. Il faudrait ensuite attendre la fin du siècle pour que l'absorption de carbone retrouve son niveau actuel
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RESUME
Les cyclones tropicaux libèrent actuellement du carbone océanique, mais le réchauffement climatique pourrait inverser ce rôle d'ici 2035.
Actuellement, les cyclones tropicaux provoquent un dégazage net de carbone océanique, mais cet effet a diminué, passant de 16 % à 4,5 % du flux annuel mondial de carbone entre 1993 et 2020, en raison de la stratification accrue des eaux de surface due au réchauffement climatique. Si les émissions anthropiques de CO₂ restent élevées, les cyclones tropicaux pourraient, vers 2035, entraîner une absorption nette de carbone océanique, accélérant potentiellement l'acidification des océans.
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COMMENTAIRES
En 2050 ou déjà bien avant.....
L' augmentation de la terpérature des eaux tropicales et é quatoriales va déclancchze des super cyclones monstrueux et vider les fons océaniques de leur CO2 suoerficiel ! Ce article nous promets la quasi certitude de certains probl-mes à venir !
Dans quel avenir sommes nous entrain de glisser mon Dieu ?????
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Reduction of tropical cyclone-induced ocean carbon outgassing since 1993, Nature Geoscience (2026). DOI: 10.1038/s41561-026-01985-4
Journal information: Nature Geoscience
Key concepts

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